Harry Potter et l’enfant maudit, J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

Comment ne pas succomber à la tentation de lire ce huitième tome ? Comment passer à côté de ce phénomène qui montre bien que le livre à encore de beaux jours devant lui. Tout le monde en a parlé, en parle et continuera d’en parler, il fallait donc que je me fasse mon avis sur la question.

  • Résumé

couv29158267.jpgDans ce nouvel opus on retrouve bien sûr nos héros préférés qui ont bien grandi et qui eux mêmes eut des enfants qui font leur entrée dans l’école de Poudlard (Hogwarts pour les amoureux de la version originale). Le plus jeune fils de Harry Potter souffre d’être le fils d’une telle figure dans le monde de la magie cela va le mener à montrer qu’il est lui aussi capable de faire de grandes choses.

  • Mon avis

Autant dire que j’étais assez sceptique sur cette nouvelle forme d’écriture. En effet, nous ne sommes plus ici dans un roman mais dans une pièce de théâtre dont les codes d’écriture diffèrent quelques peu. Je suis d’autant plus surprise de voir le succès que rencontre ce livre alors que ce n’est même pas J.K. Rowling elle même qui a écrit ce livre. Elle disait ne jamais vouloir donner de suite à cette histoire et voilà qu’elle revient sur ses propos et qu’en plus elle confie cette tâche à une personne tierce, pardonnez-moi mais je fus sous le choc !

Néanmoins, le meilleur moyen de savoir ce que donnerait cette nouvelle histoire était de la lire. Bien sûr, je ne pourrais pas entrer dans les détails afin de ne pas spoiler les plus fans d’entre vous. Cependant je dois dire que je suis déçue de cette lecture.

Je m’attendais à rien de spéciale mais je ne m’attendais pas non plus à cela. On se retrouve clairement dans une fan fiction, l’enjeu n’est pas littéraire mais de faire plaisir aux fans et sûrement de faire de l’argent.

Premièrement, je trouve que faire cela sous forme de pièce de théâtre est assez osé et le résultat plutôt raté. On n’a pas du tout l’impression de lire une pièce de théâtre mais plutôt un scénario. Les didascalies censées donner des indications de mises en scène aux comédiens sont plus romancées qu’autre choses et ne présentent pas de réel intérêt dans le texte puisque rappelons que le théâtre est avant tout un art de la représentation, aussi la longueur des didascalies est inutile et on voit clairement qu’elles ont été écrites pour le lecteur très certainement peu habitué à la lecture de pièces de théâtre.

En ce qui concerne l’histoire, c’est intéressant de mélanger d’une certaine façon le présent et le passé. Le lecteur se remémore des événements marquants dans la saga Harry Potter et cela est fort agréable. 

Je dois dire que j’ai eut un peu de mal avec les Harry, Hermione et Ron grands, avant cela on pouvait imaginer ce qu’était leur vies et là on les réponses et je trouve cela assez décevant dans le sens où cela brise un peu la magie.

En bref, je pense que Rowling aurait mieux fait d’écrire un huitième roman plutôt que de se lançait dans l’écriture théâtrale car nous sommes clairement ici en présence d’un roman déguisé, de tels dialogues sonnent creux sur une scène de théâtre. 

Néanmoins, nul doute que les fans de la première heure y trouveront leur comptes et apprécieront cette lecture. 

 

4.48 Psychose, Sarah Kane

Alors vous vous êtes sûrement dit « ouais elle dit qu’elle aime le théâtre et elle parle que de roman, ouh la menteuse ! ». Eh bien je viens vous contredire en vous parlant aujourd’hui de cette sublime, que dis-je, magnifique pièce de Sarah Kane.

couv69070684Alors Sarah Kane c’est qui ? Ou plutôt c’était qui ( ne partait pas déjà c’est pas parce que je parle au passé de l’auteure que la pièce date de Molière (prénom de mon chat au passage, voyez comme je suis mordue de théâtre) ! ).

Sarah Kane c’est donc une dramaturge que j’ai eu la chance de découvrir à la faculté grâce à un grand metteur en scène (pas besoin de donner le nom puisque seul les initiés le connaissent. Oui le théâtre c’est une secte mouahahahahah) qui nous donnait des cours le lundi après-midi (vive la précision !).

Pour la petite info, je ne vais pas entrer dans une biographie de l’auteure (notre ami wiki s’en chargera si cela vous intéresse), mais je préciserai que ceci est la dernière pièce qu’elle a écrite avant de se donner la mort ( oui je sais c’est pas gai mais c’est comme ça). Elle était alors internée dans un hôpital psychiatrique (cette information aura son importance pour la suite de cette chronique, ne soyez donc pas si impatient !).

Forcément, vous allez me dire  » c’est quoi alors ce 4.48 Psychose qui t’émoustille autant ? ». Pour la faire courte, c’est un monologue d’une femme qui nous raconte qu’à 4h48 elle ne sera plus là (pour les moins rapide d’entre vous elle va se donner la mort … se suicider quoi !). Et donc elle évoque plusieurs choses de façon assez décousues, on ne sait pas toujours de quoi ou qui elle parle mais au travers ce texte on arrive à ressentir le mal de vivre de cette femme.

Au premier abord le lecteur aurait tendance à se dire « c’est une folle qui parle ! » mais je crois que cela n’est pas de la folie. Je pense qu’au moment où elle écrit elle sait qu’elle est arrivée au bout de sa vie et qu’elle n’ira pas plus loin. Je trouve qu’elle fait même preuve à certains moments d’une extra-lucidité. Elle a parfaitement conscience que les médecins qui l’entourent lui donnent tout un tas de médicaments pour l’empêcher de penser mais malgré cela elle continue de faire le bilan et affirme sa volonté d’en finir avec cette vie qui ne lui convint plus.

Ce texte m’a profondément touché et je l’ai relu à maintes reprises parce que je me sentais proche de ce personnage. Bien sûr je ne suis pas dans le même état qu’elle (soyez rassuré) mais j’arrive à comprendre son désespoir ou plutôt devrais-je dire son bon sens. Pourquoi continuer une vie qui ne me convient plus ? Étrangement, je trouve ce texte très poétique et cette colère, qu’elle exprime parfois, très belle et sans violence. Elle est en colère contre certaines personnes mais elle ne les accablent pas pour autant. Il y a quelque chose de très mystérieux et très attirant dans ce texte. On se sent un peu comme elle, on s’identifie à elle et pourtant nous ne sommes pas dans une intensité identique à elle.

C’est un texte que je rêverai de jouer et dont j’imagine souvent la façon de le mettre en scène. Je ne peux que vous le conseiller, c’est certes du théâtre mais quant on connaît l’histoire de l’auteure on ne peut s’empêcher de penser que c’est son journal intime que nous lisons et c’est bouleversant, d’une beauté infinie.