Appelez la sage-femme, Jennifer Worth

J’avais reçu ce livre dans ma box Once Upon a Book spéciale témoignage et comme son nom l’indique ce livre est donc le témoignage d’une sage-femme.

  • Résumé

couv9859461.jpgRien ne prédestinait Jennifer Worth à devenir sage-femme dans les quartiers miséreux des Docklands. Quand à vingt-deux ans elle rejoint les sœurs de Nonnatus House, une maternité qui vient en aide aux plus pauvres, elle s’apprête à vivre l’expérience de sa vie

  • Mon avis

Au début je pensais qu’il s’agissait d’un roman (quelle naïve je peux être parfois !) mais en commençant la lecture il est clairement expliqué qu’il s’agit d’un témoignage d’une sage-femme qui officiait alors que les conditions médicales n’étaient pas celles que l’on connaît aujourd’hui.

J’avais très peur de me retrouver avec plein de détails médicaux et une écriture soporifique mais en réalité ce n’est pas du tout le cas. Bien sûr il est question d’accouchements mais il est surtout question d’histoires de vie et cela nous permet d’en apprendre beaucoup sur cette époque où il règne encore un certain flou autour de la maternité.  A cette époque les femmes accouchent chez elle et d’ailleurs très peu veulent aller à la maternité qui n’est apparemment pas l’endroit le plus sûr pour accoucher. Aujourd’hui ce serait plutôt l’inverse.

On apprend également que pendant longtemps les femmes qui accouchaient étaient assisté par des accoucheuses c’est à dire des femmes qui n’y connaissent pas grand chose. La profession de sage-femme a mis du temps à être reconnus et il paraissait absurde de devoir étudier et obtenir un diplôme pour pouvoir accoucher une femme.

Jennifer fait honneur à son métier et l’on peut mesurer les réels progrès fait que ce soit au niveau médical mais également au niveau humain, notamment en ce qui concerne le suivis des femmes avant et après la naissance. On prend également conscience du caractère vital de ce suivi, beaucoup de femmes mourraient en couche à cause de la négligence de leur suivis de grossesse.

Ce qui m’a le plus marquée ce sont les histoires humaines que nous racontent Jennifer, elle raconte les faits sans porter de regard accusateur. On sent beaucoup de bienveillance dans son écriture et on ne peut s’empêcher d’être touché par toutes les personnes qu’elles croisent.

L’écriture est également étonnante car j’ai réellement eu le sentiment de lire un roman. On est dans l’histoire et on s’attache très vite aux personnages et on en oublie souvent que cela est véritable.

Je ne peux que vous enjoindre de vous intéresser à ce livre très instructif et plein de vies.

L’écrivain, Yasmina Khadra

Aujourd’hui je viens vous parler du célèbre Yasmina Khadra ( oui je dis « du » parce que figurez-vous que c’est un homme !). Il évoque dans ce roman son enfance en tant que « cadet » dans une école militaire. Cette enfance passait en Algérie a toujours été portée par l’intima conviction qu’il deviendrait un jour un grand écrivain.

couv37051766.jpgTout d’abord, il convient de préciser qu’il ne s’agit pas de ma première lecture d’un roman de Yasmina Khadra. Il y a quelques mois, j’avais lu L’attentat, un roman malheureusement d’actualité mais qui ne m’avait pas touché outre-mesure.

L’histoire est ici bien différente puisqu’il s’agit de celle de l’auteur. Plus précisément de son enfance. Il nous raconte les difficultés au sein de sa famille mais surtout il évoque l’école militaire où il a effectué sa scolarité. Les règles sont strictes mais le petit Mohammed ne se laisse pas marcher dessus.

Tout au long du récit il se demande si il doit suivre sa vocation et devenir écrivain ou bien si, pour faire plaisir à sa mère et surtout rendre fier son père, il ne doit pas s’engager dans une carrière militaire en tant qu’officier.

Ce texte a un côté très touchant mais je dois dire qu’il m’a également beaucoup agacé. J’ai parfois trouvé que l’auteur manquait de modestie. Alors, certes, il a la vocation de devenir écrivain mais cela ne veut pas pour autant dire qu’il le sera ou alors qu’il deviendra un « grand » écrivain. Ce côté-là, redondant en plus de cela m’a beaucoup gêné et a rendu cet enfant moins sympathique.

D’autant plus qu’il avoue lui-même avoir parfois fait preuve de prétention dans ses écrits. Ses professeurs trouvaient qu’il en faisait trop, qu’il essayait trop d’utiliser des mots compliqués rendant ses écrits indigestes.

En ce qui concerne sa vie au sein de l’école militaire, je n’ai pas trouvé que cela avait quelque chose de remarquable, même si, il faut reconnaître que l’avenir de ces enfants fait froid dans le dos. Néanmoins je l’ai trouvée assez ennuyante.

J’ai mis beaucoup de temps à lire ce livre alors qu’il n’est pas si épais que cela. Je crois que l’écriture de Khadra ne me convient pas. Je n’arrive pas à me sentir concernée ou touchée, sans doute parce que j’ai souvent l’impression que c’est ce qu’essaie de faire l’auteur.

Quoiqu’il en soit, lisez ce livre et venez partager votre avis !

Le voleur de brosses à dents, Églantine Eméyé

Aujourd’hui, mise en avant de ce livre témoignage rédigé par Églantine Eméyé, présentatrice et chroniqueuse à la télévision bien qu’on la voit beaucoup moins dorénavant.

couv36831539.jpgDans ce livre, elle revient sur son quotidien avec son fils autiste, du moins c’est cette pathologie qu’elle associe aux troubles de son fils. En réalité, au cours de la lecture on se rend compte que le diagnostique de l’autisme n’a jamais été posé sur le cas de son fils. Celui-ci a fait un AVC ( Accident Vasculaire Cérébral) lors de ses premiers mois de vie, ce qui est extrêmement rare chez les nourrissons. Ajouté à cela, il était victime de crises épileptiques continus qui le rendait complètement amorphe ce qui a finit par attirer l’attention de sa mère.

Comme souvent dans ce genre de témoignage, on prend conscience de la difficulté des parents pour trouver de l’aide que ce soit financière ou humaine dans leur quotidien. Les soins coûtent très chers et malheureusement les aides sont ridicules . De plus, on se rend compte du courage dont font preuve ces parents au quotidien. Avoir un enfant avec un handicap moteur ou mental n’est pas une chose aisé en soi mais réussir chaque jour à déplacer des montagnes pour lui malgré la fatigue est une chose incroyable.

C’est très intime de rentrer dans le quotidien d’une famille, d’autant plus quand celle-ci connaît des difficultés. Ce témoignage m’a autant touché qu’horrifié ! Je ne sais pas comment cette mère fait pour se lever chaque jours et toujours garder espoir. Il faut un sacré mental c’est indéniable. Je pense que l’amour qu’elle a pour son fils est un réel moteur pour elle même si se pose la question de « comment aimer un enfant qui ne vous regarde pas, ne vous parle pas et passe son temps à se frapper le visage ».

Quoiqu’il en  soit si la question de l’autisme vous intrigue ou vous intéresse, c’est un livre à lire !

 

Derrière la grille, Maude Julien

Je vous présente un livre que j’ai lu il y a quelques temps, il s’agit d’un témoignage. Maude Julien nous raconte son enfance, peu banale. Son père était un homme tyrannique, obsédé par le fait de faire de sa fille un être exceptionnel qui pourrait survivre à tout.

couv42199018Dans ce roman, l’auteure nous raconte son quotidien dans une énorme maison, elle ne sort jamais de la propriété. Son père est méfiant et lui astreint un emploi du temps surchargé pour une si petite fille. Elle doit savoir jouer de plusieurs instruments de musique, car pendant la guerre, les musiciens avaient plus de chance de survivre. Elle doit également apprendre à ne plus sentir la douleur, son père lui fait poser les mains sur des fils électriques et lui interdit de crier ou autre. Il l’enferme souvent dans la cave, dans le noir, seule ….

Ce récit est marqué par une multitude de faits horribles. Comment une si jeune enfant peut-elle endurer tout cela ? Comment un homme peut croire que son enfant peut devenir un sur-être ? Milles et unes questions se posent à la lecture de ce témoignage. Cette enfant n’est pas épargnée, et il est incroyable de penser qu’elle a finalement réussit à  se sortir de tout cela, bien que l’emprise de son père ait longtemps était présente bien après la mort de celui-ci.

J’ai découvert ce livre grâce à la télévision (comme quoi, c’est pas que des bêtises qui passent dans cette petite boîte noire), l’auteure était invitée à parler de son histoire. Elle avait raconter les choses citées ci-dessus, mais en lisant le livre on se rend compte que ce n’est qu’une petite partie des horreurs qu’elle a subit. J’avais trouvé ce témoignage absolument invraisemblable, je ne dis pas qu’il n’était pas crédible mais il est difficile d’imaginer que de telles choses puissent exister.

Je me suis donc procurer le livre. Cette lecture m’a fait froid dans le dos, d’autant plus que je savais que tout cela était vrai. Cette femme n’a pas connu l’insouciance, elle n’a pas eu d’enfance. Elle a pourtant réussit à s’enfuir, a entrer dans le monde réel, faire des études et aujourd’hui c’est elle qui aide les autres.

J’ai été attendrit par cette enfant quelque peu naïve qui voulait croire que son père lui faisait subir tout cela parce qu’il l’aimait et qu’il voulait la protéger. Elle ne semble pas en colère contre lui, après tout elle ne connaît que cette vie, comment se douter que celle des autres enfants est différente ?

Je vous invite à lire ce témoignage qui vous fait relativiser les choses. Cette femme à connut l’horreur et pourtant elle n’a jamais perdu espoir, elle a eut la volonté de s’en sortir et ne s’est pas laissée détruire. Une enfant et une femme remarquables qui inspire le respect et l’admiration !

Marion, 13 ans pour toujours,Nora Fraisse

Comment ne pas être touché par un tel témoignage. Le témoignage d’une mère qui a retrouvé sa fille pendu dans sa chambre. Comment ne pas se sentir révolté quand l’on apprend que cette jeune fille s’est donné la mort à cause de ses camarades de classe ?

couv55090203.jpgIl ne s’agit pas ici de faire une critique littéraire car le fond et la forme de ce récit sont justes. Mais il est question « d’en remettre une couche » sur le sujet du harcèlement à l’école, qui malheureusement reste encore bien présent dans nos structures éducatives.

Ce qui m’a le plus révolté dans ce récit n’est pas le fait que cette jeune fille ait été harcelée et que cela ait conduit à sa mort. Non, ce qui m’a révolté voire choqué, c’est le comportement des adultes dans cette histoire et surtout le silence du personnel du collège de cette jeune fille. Le principal  semble être un homme complètement dénué de compassion à l’égard de cette famille. Il ne prends même pas la peine de présenter ses condoléances !

Comment peut-on laisser une mère qui vient de perdre son enfant dans le silence ? Comment peut-on dire à cette mère « la vie continue » ? Votre vie sans doute mais pas celle de sa fille !

Cette mère s’évertue à comprendre et trouver des réponses car avant de mourir sa fille à écrit une lettre dans laquelle elle accuse clairement certains de ses camarades d’être la cause de sa mort. Comment la justice peut-elle alors classer cette affaire « sans suite », comme si il s’agissait d’un simple accident ?

La peine de cette mère est immense mais son désarroi l’est encore plus quant on essaie de l’empêcher de trouver des réponses. Je vous conseille donc de lire ce livre ne serait-ce que pour éveiller votre conscience face à un drame trop présent dans nos écoles.

Un sac de billes, Joseph Joffo

Pour ce premier article, j’aimerais évoquer ma dernière lecture. Comme le titre l’indique, il s’agit du roman Un sac de Billes écrit par Joseph Joffo.

Ce roman est devenu au9782253029496jourd’hui un incontournable de la littérature. Néanmoins ce n’est pas le premier roman de Joseph Joffo que j’ai lu. J’ai découvert cet auteur dans son roman La jeune fille au pair qui fut écrit onze ans après Un sac de Billes. J’ai littéralement eu un coup de cœur pour son écriture simple et modeste. Le sujet abordé (la Seconde Guerre Mondiale et le nazisme) me passionne de manière général et l’histoire de cette jeune fille, descendante d’un homme qui a contribué à l’extermination des juifs m’a bouleversée.

Cependant, il ne s’agit pas ici de ce roman mais il convient de noter que c’est grâce à lui que je me suis tournée vers le roman Un sac de Billes.

C’est un roman qui n’est pas très épais et pourtant il foisonne d’aventures, d’espoir et surtout de vie. Joseph nous raconte son enfance ou plutôt la façon dont le nazisme lui a arraché celle-ci pour le catapulter dans le monde des adultes. Durant la guerre, son frère et lui ont dû fuir leur domicile afin d’éviter la déportation, ils n’étaient alors que deux jeunes enfants ignorant tout de l’horreur qui se tramait alors en Europe.

Nous les accompagnons donc au travers leurs fuites à travers la France où ils vont devoir se débrouiller pour survivre et surtout pour échapper aux rafles qui s’intensifient au cours de la guerre. Nous vivons avec lui ses voyages, ses inquiétudes, l’insouciance perdue …

Malgré les épreuves les deux frères restent unis et la volonté de s’en sortir prime sur tout. Ces deux gamins sont remplis de vie et d’une envie farouche de profiter de celle-ci le plus longtemps possible. Ils mentent effrontément pour survivre et leur ténacité leur vaut l’admiration de nombreux adultes qu’ils vont rencontrer tout au long de leur périple.

C’est une ode à la vie que nous dépeint ici Joseph Joffo. Il a perdu l’insouciance de son enfance mais c’est la seule chose que les allemands ont pu lui prendre, son envie de vivre est restée intacte. Il a néanmoins pu entrevoir la beauté et l’humanité qui se cache parmi les plus rustres d’apparence. Il n’a jamais eu confiance en personne à part lui-même, il se méfiait de tout et de tout le monde et cela lui a sans doute sauver la vie.

Ce roman est une petite merveille et le fait qu’il soit tiré de faits réels vous touche en plein cœur. Ces deux enfants se sont battus et ont survécu ce qui ne fut malheureusement pas le cas de tous. Malgré l’atrocité de cette période, cet ouvrage nous démontre que dans l’horrible grande Histoire il y a de merveilleuses petites histoire.