4.48 Psychose, Sarah Kane

Alors vous vous êtes sûrement dit « ouais elle dit qu’elle aime le théâtre et elle parle que de roman, ouh la menteuse ! ». Eh bien je viens vous contredire en vous parlant aujourd’hui de cette sublime, que dis-je, magnifique pièce de Sarah Kane.

couv69070684Alors Sarah Kane c’est qui ? Ou plutôt c’était qui ( ne partait pas déjà c’est pas parce que je parle au passé de l’auteure que la pièce date de Molière (prénom de mon chat au passage, voyez comme je suis mordue de théâtre) ! ).

Sarah Kane c’est donc une dramaturge que j’ai eu la chance de découvrir à la faculté grâce à un grand metteur en scène (pas besoin de donner le nom puisque seul les initiés le connaissent. Oui le théâtre c’est une secte mouahahahahah) qui nous donnait des cours le lundi après-midi (vive la précision !).

Pour la petite info, je ne vais pas entrer dans une biographie de l’auteure (notre ami wiki s’en chargera si cela vous intéresse), mais je préciserai que ceci est la dernière pièce qu’elle a écrite avant de se donner la mort ( oui je sais c’est pas gai mais c’est comme ça). Elle était alors internée dans un hôpital psychiatrique (cette information aura son importance pour la suite de cette chronique, ne soyez donc pas si impatient !).

Forcément, vous allez me dire  » c’est quoi alors ce 4.48 Psychose qui t’émoustille autant ? ». Pour la faire courte, c’est un monologue d’une femme qui nous raconte qu’à 4h48 elle ne sera plus là (pour les moins rapide d’entre vous elle va se donner la mort … se suicider quoi !). Et donc elle évoque plusieurs choses de façon assez décousues, on ne sait pas toujours de quoi ou qui elle parle mais au travers ce texte on arrive à ressentir le mal de vivre de cette femme.

Au premier abord le lecteur aurait tendance à se dire « c’est une folle qui parle ! » mais je crois que cela n’est pas de la folie. Je pense qu’au moment où elle écrit elle sait qu’elle est arrivée au bout de sa vie et qu’elle n’ira pas plus loin. Je trouve qu’elle fait même preuve à certains moments d’une extra-lucidité. Elle a parfaitement conscience que les médecins qui l’entourent lui donnent tout un tas de médicaments pour l’empêcher de penser mais malgré cela elle continue de faire le bilan et affirme sa volonté d’en finir avec cette vie qui ne lui convint plus.

Ce texte m’a profondément touché et je l’ai relu à maintes reprises parce que je me sentais proche de ce personnage. Bien sûr je ne suis pas dans le même état qu’elle (soyez rassuré) mais j’arrive à comprendre son désespoir ou plutôt devrais-je dire son bon sens. Pourquoi continuer une vie qui ne me convient plus ? Étrangement, je trouve ce texte très poétique et cette colère, qu’elle exprime parfois, très belle et sans violence. Elle est en colère contre certaines personnes mais elle ne les accablent pas pour autant. Il y a quelque chose de très mystérieux et très attirant dans ce texte. On se sent un peu comme elle, on s’identifie à elle et pourtant nous ne sommes pas dans une intensité identique à elle.

C’est un texte que je rêverai de jouer et dont j’imagine souvent la façon de le mettre en scène. Je ne peux que vous le conseiller, c’est certes du théâtre mais quant on connaît l’histoire de l’auteure on ne peut s’empêcher de penser que c’est son journal intime que nous lisons et c’est bouleversant, d’une beauté infinie.

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